samedi 15 janvier 2011

Vârânasî: du Ganges à Sarnath


Vârânasî, la ville sacrée

Un voyage que nous ne pourrons oublier. Autant pour nos malchances que pour le peuple indien qui nous a semblé si différent du peuple népalais...  

Voilà, le 29 décembre nous partions pour une escapade en Inde pour retrouver Sabrina, une bonne amie à moi qui s'était posée à Vârânasî. Le périple débute vers 8h15 le matin, quelques heures de taxi du Népal jusqu’à la ville-frontière Rupaidiha, en Inde. Les différences sont déjà flagrantes. Il y a plus de gens, plus de bruit, religions diverses mêlées entre le bouddhisme, l’hindouisme et l'islam. Enfin, il y a plus de déchets, c'est aussi la cohue. Nous passons par différents bureaux d'enregistrement d'immigration pour enfin trouver un taxi indien qui nous conduira à notre destination qui se situe à 400 km et non à 200 km comme notre voisine indienne nous avait dit! Première embûche! On ne s'attendait pas à ce que cela prenne autant de temps. De plus, le taxi a un copilote, ce qui signifie que nous sommes assis les 5 sur la banquette arrière d'une minuscule automobile. Nous sommes un peu coincés. Cependant, les routes sont belles et  il y a même des vraies autoroutes! Nous finissons par arriver à l''hôtel vers 23h00 le soir. Nous avions quitté Surkhet à 8h00 am. Nous sommes épuisés mais contents. Sabrina est là, jour 1 terminé.

Vârânasî est une ville sacrée en Inde comme plusieurs autres. Par contre, la raison est simple: le Gange longe la ville et les pèlerins ainsi que les habitants vont se purifier dedans. Moi, je dirais plutôt se contaminer dedans. Des millions d'e-colis s'y retrouvent dans un litre d'eau! Ceux qui s'y lavent se purifient et selon la croyance, ils se font pardonner leurs pêchés. La ville a été dédiée à Shiva, déesse hindoue. 


La ville est aussi reconnue pourr ses ghats: des berges recouvertes de marches de pierres construites par les maharadjahs de l'époque pour se permettre d'aller prier aux abords du Gange par une voie d'accès privée. Aujourd'hui, ce sont des milliers de pèlerins hindous qui en profitent. Dans cette ville, la crémation est pratiquée, les gens brûlent leurs proches live tel un feu de camp. Oui, ils brulent la personne dans son entièreté sur un bûcher. Ils mettent le corps sur une planche de bois, le recouvre d'un drap et mettent des bûches par dessus. Ensuite, ils enduisent le tout avec du ghee (huile végétale) et démare le bûcher! C'est spectaculaire. Nous, on a dit aux enfants qu'ils célèbrent la mort. On ne leur a pas menti, c'est un demi mensonge.



Bon, un portrait de famille sur un ghat


Je suis fière de montrer des hamburgers de bouses de vaches. Ces galettes sont utilisées pour la cuisson et le chauffage. La bouse de vache est une ressource première, et en plus elle est gratuite pour ceux et celles qui n'ont pas peur de se salir les mains!


Avouez que c'est bizarre comme slogan pour un restaurant. Cela en dit long sur les autres restaurants. Non la propreté n'est pas une de leur qualité.


Sabrina nous fait une pose lors de notre ballade en pirogue sur le bord des ghâts


Maudits vendeurs, ils ne te lâchent pas et ils veulent toujours t'arnaquer. Un collier qu'il veut me vendre à 2$ que je finis par payer 25 cents pour qu'il me laisse tranquille.


Du monde tout nu. Nous, on fait du voyeurisme de loin.


Théo avait reçu un cadeau: un collier de fleur.


Nous sommes heureuses!


On aperçoit les crémations au loin. Ils en font 24 heures par jour, parfois 5-6 à la fois.


Plusieurs ghâts. Il y en a sur des kilomètres.


T'en veux une?



Des gens qui se lavent au loin et on voit que l'eau est verdâtre!



Une amie...Il y des Buffalos partout sur les rives et elles ne sont pas malines.


Le rameur qui fait son possible.



Aux abords du Ganges, la nuit


Le 31 au soir, on décide d'aller voir un spectacle avec sitar, tablas et flûte au menu... Mais ce n'est pas à ce l'on s'attendait: des gens méditaient à l'avant de la scène et les autres étaient tranquillement assis, pas de 'jam' endiablé en vue.



On veut offrir notre offrande à Shiva: un petit panier de fleurs.


Tous les soirs de la semaine, des spectacles hindous sont organisés aux abords des ghâts. Des milliers de personnes se collent le long des escaliers voir ces performances presque transcendantales.


Le feu est de mise


L'encens aussi


Le spectacle dure des heures.



Un serpent en feu



On dépose notre offrande dans le Gange après la cérémonie.



Les rues sont bombées. Il y a toujours de la vie, même quand c'est la nuit.


Pour ceux qui n'aime pas les bains de foule, l'Inde n'est pas une bonne destination!


Vue de notre chambre. François voulait une terrasse donnant sur le Gange pour le 31 décembre afin de célébrer le nouvel an mais il s'est mis à pleuvoir. On a bu notre bière à l'abris!


Sarnath; Bouddha et son premier enseignement


Un coup de coeur: Sarnath, un petit coin bouddhiste. La où Bouddha aurait fait son premier sermon. Selon les dire, il aurait atteint l'illumination par la suite. Des temples, des ruines, du patrimoine: des tas de briques quoi! Un coin avec des touristes (indiens) mais un coin paisible à l'extérieur de la frénésie de Vârânasî.



Le Mulgandha Kuti Vihar (construit en 1931). Théo et Emma y accourent.



Pose avec Bouddha. ''Dépêchez-vous, les gens font la queue pour prendre un portrait de la relique en or !''


Des tas de briques comme je disais. Théo et Emma venaient justement de terminer l'étude des plan d'excavation du site.



Le Dhamekh stupa, lieu du premier sermon. Il parait que la tour est âgée d'environ 1500 ans. Elle mesure 34 mètres de haut et 43 mètres de long.




Un souvenir mémorable: la visite valait le détour juste pour les chevreuils que l'on pouvait nourrir de carottes!



Un ami que Théo s'est fait. Le moine lui a dit que Théo le connaissait dans une autre vie car il était content de le retrouver. Les deux ont eu beaucoup de plaisir.



Les sessions photos battent leur plein, à la blague on dit que c'est 10 roupies pour une photo. Pour vrai, ils sont des dizaines à nous demander pour se prendre en photos avec les enfants. On se demande quelle est la vraie attraction ?!&#? Les enfants commencent à être tannés de cette mascarade.


Le Tuk-tuk, moyen de transport privilégié en Inde. Véhicule à trois roues pouvant contenir 7 personnes. Nous, on aime le tuk-tuk. On se sent dans l'action avec les klaxons. Il ne faut pas trop être stressé  parce que l'on passe très proche de faire des accrochages.


Qui sait ? Een regardant cet extrait, on pourrait penser que Théo était Buddha dans sa première vie !

mercredi 12 janvier 2011

S'adapter, c'est l'accepter



Confession

OK, je vais le dire: notre vie au quotidien et mon travail ne suscitent pas autant d'enthousiasme en nous que les périples que nous effectuons en dehors de Surkhet lors de nos temps libres. Nous avons réussi à réaliser toutes ces sorties excitantes grâce à une combinaison de fins de semaines, congés annuels, congés fériés, de dimanches travaillés récupérés et grâce à la gentille collaboration de l'équipe d'EDS. Comme notre ville est loin et reliée au monde par une seule route terrestre; que l'intégration d'une famille d'occidentaux dans la vie communautaire de la place n'est pas évidente, nous avons bien planifié nos sorties pour se stimuler, briser l'isolement et pouvoir passer à travers notre année.  

Vous avez surement remarqué que nos choix éditoriaux sur le blogue sont centrés en grosse partie sur ces excursions que nous avons accomplies au cours des derniers mois. Ces choix peuvent projeter la perception que je suis souvent en congé, que j'accorde peu d'importance à mon mandat à titre de coopérant. Eh bien, ce n'est pas le cas. C'est que nous avons décidé de ne pas trop mettre l'emphase sur les difficultés que nous vivons au quotidien pour ne pas embêter nos lecteurs. La routine au travail me semble aussi d'un attrait discutable. 

On ne vous cachera pas que nous voulons que notre blogue soit intéressant, drôle et divertissant. Se plaindre constamment sur nos petits tracas quotidiens, sur le rythme auquel les choses évoluent au travail et sur les obstacles culturels que j'y rencontre pourrait nuire à mes relations de travail. Imaginez si vous commenciez à dévoiler au grand public ou sur Facebook les bons coups et les difficultés que vous vivez au sein de votre organisation. C'est plutôt confidentiel, non ?

La réalité terrain



Le travail comporte des hauts et des bas. Je savais que le rythme était plus lent mais j’avais conçu mon plan d’action en conséquence. Mes collègues sont super sympathiques même si je n'arrive pas vraiment à communiquer adéquatement avec la plupart. Seulement 2-3 d'entre eux parlent un peu anglais. Aussi, comme coopérant volontaire, les ressources mises à notre disposition pour accomplir nos tâches sont souvent limitées. Il faut donc redoubler d’ardeur et de créativité pour atteindre nos objectifs. Il faut souvent retirer nos lunettes de canadiens pour apercevoir et comprendre les obstacles.

Actuellement, je lis un ouvrage très intéressant appelé « Fatalisme et Développement; la lutte du Népal pour se moderniser » écrit par un anthropologue népalais. Son point est que certains éléments de la société népalaise ne veulent pas changer, se moderniser, se développer. C'est surtout la classe supérieure, définit à l’intérieur d’un système de caste rigide typique au Népal, qui s'efforce consciemment ou inconsciemment à préserver le statut quo. Cette classe est surtout enracinée, présente et projetée à partir de la vallée de la capitale, Katmandou.

Alors, le résultat est que le cynisme s’infiltre sournoisement dans l'esprit de la majorité. Les communautés locales ont peu d’espoir. L’administration centrale tente de décentraliser. Les Organisations Non-Gouvernementales Internationales sont très présentes depuis la fin de la rébellion maoiste en 2006 mais la responsabilisation individuelle et collective tarde à se manifester fermement. Les gens ont peu d’espoir qu’ils puissent améliorer leurs revenus, peu d’espoir de pouvoir augmenter leur production comme agriculteur, peu d’espoir d’offrir à leurs enfants un avenir et une éducation de qualité. Je ne m’attendais pas à ce que les gens soient démunis à ce point dans une structure de caste qui perpétue l’ordre établie. Tu nais Brahmin (la caste supérieure); tu as des opportunités qui s’offrent à toi. Tu nais Dhalit ( les « intouchables en bas de l’échelle); tu resteras pauvre jusqu’à la fin de tes jours.

La région dans laquelle je travaille est très isolée. Il ne faut pas oublier qu’une guerre civile a déchirée le pays entre 1996 et 2006. Ma région était le bastion des forces rebelles maoïstes. Maintenant, elle s’est transformée en une plaque tournante d’Organisations Non-Gouvernementales qui viennent en aide aux populations locales et régionales. L’ONU et le programme alimentaire mondiale (PAM) sont aussi très actifs à distribuer des vivres par hélicoptère aux villages montagneux affamés inaccessibles dans la région. Les besoins sont immenses mais la coordination entre les acteurs est parfois déficiente. 

Le gouvernement est faible et une nouvelle constitution est en cours de rédaction. La mission de maintien de la paix de l'ONU est sur le point de quitter en janvier. Les 23 partis au pouvoir en sont au 17e tour pour tenter de désigner un premier ministre. La corruption est omniprésente mais subtile. Il faut être tenace pour accomplir sa mission. La mienne est d’aider les agriculteurs locaux dans le marketing collectif de leurs légumes. Un défi de taille quand on sait qu’ils arrivent à peine à se nourrir eux-mêmes !

Ce qui est difficile, c’est de se rendre compte à quel point certains agriculteurs partent de très loin. Sans éducation, la plupart ne savent même pas quelle est la superficie qu’ils ont en culture. Il y a également un grave problème de relève et de main d’œuvre car les jeunes quittent les montagnes pour migrer en Inde à la recherche d’un maigre salaire. Avant même de parler du concept de marketing, mon défi est de les stimuler et de les convaincre qu’ils peuvent s’en sortir, qu’il y a des opportunités à saisir. 


Le travail

Comment tout cela se traduit dans mon travail au quotidien ? Avant même de transférer des connaissances en marketing, je me rends compte que ma tâche première est de convaincre les agriculteurs qu'ils ont le pouvoir de changer cette trajectoire. Qu'il est possible de produire davantage, de contourner les systèmes de marketing en place, d'agir collectivement malgré le manque de capital, d'utiliser judicieusement les ressources auxquelles ils ont déjà accès. 


En tant que conseiller en marketing, mon mandat consiste à les supporter afin qu’ils puissent tirer un meilleur avantage du marché local dans lequel ils se trouvent. Je conduis donc une étude de marché pour eux afin d’analyser les zones où des ajustements stratégiques seraient à privilégier. L'accès aux données primaires et secondaires est fastidieux. Le peu d'ouvrages et statistiques recensés localement sont en script népalais et non-informatisés. Je me suis même déplacé à Katmandou pour tenter d'en obtenir davantage. La collecte d'information prend beaucoup de temps, de patience, de contacts et de détermination. Une fois obtenues, les données sont précieuses et révélatrices.

Par exemple, une de mes dernières trouvailles, confirmée seulement récemment, démontrent qu’un seul  grossiste de fruits et légumes contrôle environ 70 % des parts de marché du district de Surkhet, une région d’environ 350 000 habitants. Celui-ci contrôle même le corridor commercial qui traverse le district vers d'autre régions isolées au nord. Ces districts  dépendent de ce fournisseur unique qui transige à travers cette seule route à moitié pavée pour s’approvisionner en fruits et légumes. 70 %, c’est ÉNORME ! Parce que les routes et les infrastructures sont déficientes et qu’il est en contact quotidien avec les quelques autres marchands au sud, cet homme fait le jour et la nuit sur le marché des légumes à Surkhet, au détriment des agriculteurs qui tentent de se regrouper, en vain, pour obtenir une meilleur part du gâteau. 

Contrairement au Québec, il n'y pas de régie des marchés ou d'agence de mise en marché ici. Aucune association syndicale agricole n'est en place. Les agriculteurs sont dans la jungle, c'est le cas de le dire.

Les cartels et la corruption sont très présents au Népal. Sur une base quotidienne, je consulte les acteurs locaux, je conçois des guides et j'élabore des stratégies pour les outiller à contrer ces phénomènes quasi-monopolistiques. Je donne des formations aux formateurs et aux leaders d’organisations coopératives locales en marketing et en gestion afin qu’ils puissent se tailler une place dans le marché et améliorer leur sort. 


S'adapter, c'est l'accepter 


Il est facile d'avoir des préjugés et autres réponses instantanées face aux problématiques que je viens de soulever. Les appliquer est une toute autre paire de manche. Les népalais sont fiers et orgueilleux. Les agriculteurs et paysans doivent être maîtres de leur destinés. Ils doivent demeurer auteurs de leurs vies. On peut seulement tenter de les supporter, pas de le faire à leur place. Vous vous rappelez de l'histoire de pêche ?

Pour être heureux dans un mandat de coopération, il faut d'abord accepter 

Que notre contribution sera modeste;
D'être modeste soi-même;
Que le style et les méthodes de travail ne sont pas les mêmes qu'au Québec;
Que la barrière de langue peut être un obstacle immense;
Qu'il y a des évènements qui sont hors de notre contrôle;
Que plusieurs ONG sont déjà passées avant nous;
Qu'être blanc signifie avoir un signe de dollar d'étampé dans le front;

S'adapter, c'est accepter tous ces éléments et plusieurs autres. Par contre, il ne faut pas accepter le fatalisme, la pauvreté, une destinée tracée d'avance. Il ne faut pas accepter le racisme, le sexisme et toute autre discrimination qui ralentit le développement d'un peuple et le droit de tous ses individus d'accéder dignement à la sécurité alimentaire, à un logis, à des soins de santé décents, à une éducation de qualité et à tous les autres étages de la pyramide de Maslow.

Pour nous, s'adapter, c'est accepter que l'eau ne viendra pas toujours, que l'électricité soit coupée à chaque jour, que les légumes disponibles dans le coin dépendent de la saison, que les soins de santé soient déficients,  pour ne mentionner que ces points. Pour une famille comme nous, s'adapter c'est de comprendre comment on peut se sentir quand on redescend d'une couple de paliers dans cette pyramide.

Vous êtes nombreux à nous lire assidûment. Avec ce blogue, nous ne voulons pas cultiver votre pitié, votre envie, votre impuissance ou votre culpabilité. Loin de là. Nous ouvrons notre livre à vous tous en sachant qu'il suscite des opinions et des perceptions différentes. Nous espérons que les images et les mots interpellent chacun de vous différemment. Que ce soit seulement pour les photos ou pour les textes, nous voulons simplement vous dire merci d'être avec nous.

Il ne reste plus que 3 mois à notre séjour au Népal. Notre blogue est un journal qui aidera notre mémoire à se rappeler les beaux moments que nous avons vécu en famille. Ce sera un mine d'or pour nos enfants lorsqu'ils seront plus âgés. Nous sommes heureux de le partager avec vous.

lundi 10 janvier 2011

Chitwan: the return of the rhino




Déjà trois semaines se sont écoulées depuis ce bref séjour dans la jungle. Nous ne pouvions quand même pas ne pas en faire mention. Le temps nous a manqué pour être plus à jour ! 

Quelques heures après la fin de notre trip de rafting, nous arrivons dans la région du parc national de Chitwan. Suite à une petite balade en bus local, un véhicule de l’Hôtel Riverside vient nous chercher dans la ville la plus près du parc pour nous amener aux abords de la rivière Rapti, dans la communauté de Sauhara.

Nous profitons des quelques heures qui nous restent avant le dodo pour faire un petit tour dans le village Tharu, une ethnie typiquement du coin. Chitwan est tellement plus développé que Bardya, l'autre parc ou nous étions il y a quelques semaines. Ça saute aux yeux. On nous avait dit que Bardya était comme Chitwan il y a 50 ans. He ben, c'est vrai. La rusticité n'est pas une option à Bardya, c'est la norme. La proximité de Chitwan avec Katmandou le rend plus accessible pour le tourisme de masse ayant des moyens.



Belle surprise en arrière-plan: si vous regardez attentivement, vous pourrez apercevoir la chaîne de l'Himalaya.


Le lendemain, on débute avec un promenade en pyrogue sur la rivière Rapti. Gossé dans le tronc d'un arbre tropical, ces longs et étroits rafiots ne semblent pas être ce qui se fait de plus stable. On prend le risque d'asseoir Théo et Emma, les deux tannants, entre maman et papa. Disons que ça nous tente pas trop de verser considérant ce qu'il y a dans la rivière.


Nous observons une bonne diversité faunique: des oiseaux, des paons et le fameux héron que Steven voulait tant voir. Mais les vedettes de cette balade furent hors de tout doute ces deux gros crocodiles. À partir de ce moment, Théo et Emma était figés, cloués à leur petit banc. Ils se trouvaient à quelques mètres de nous sur la berge. Emma n'osait plus mettre sa main dans l'eau...



En sortant de cette croisière fort exotique, nous nous dirigeons vers le centre d'élevage d'éléphants. L'attraction de l'heure était ces deux éléphants jumeaux. Tellement cutes et tellement rares. Ils ont mystifié Théo et Emma pendant plusieurs minutes. 


Le mois de décembre en est un de festivités à Chitwan. Juste avant notre arrivée, les chauffeurs d'éléphants avaient choisi cette période stratégique pour tomber en grève afin d'augmenter leur salaire de quelques roupies par jour. Heureusement pour eux et pour nous, le tout s'est réglé la veille de notre safari à dos d'éléphant.

Le village se préparait même pour son évènement annuel durant lequel des courses d'éléphants sont organisées. Durant cette période, un tournoi de polo bat son plein, version éléphant avec un ballon au lieu d'une balle de golf, bien sur ! Plusieurs chauffeurs profitent de cette période pour valoriser leurs petites bêtes et leur refaire un beauté. Pourquoi pas un make-up !




Théo, quant à lui, était prêt à revêtir son habit de grand explorateur pour aller conquérir son rhinocéros tant convoité, à dos d'éléphant. 


Il décide d'enfourcher lui-même son moyen de transport. Il sait ou trouver la bête à corne unique. Il ne veut pas rater sa chance lors de ce deuxième épisode. Non seulement il ne veut pas s'endormir mais il prend le volant de son bolide. 


BANG, en plein dans le mille. Seulement quelques minutes après notre départ, le rhinocéros est enfin à portée de vue. On l'aperçoit dans la savane. Celui qui partage le top du palmarès des vedettes du parc avec le tigre nous laisse l'observer allègrement. Il broute et semble calme malgré la faune humaine qui commence à s’agglutiner autour de lui. 

 


Doucement, nous le quittons pour le laisser en paix. On s'en va vers un champs adjacent. BANG, deux autres unicornes !!! Théo avait le pif ce jour là ! 


On peut apercevoir une grosse cache aménagée en chambre d’hôtel derrière. Attention: chasse au rhinocéros interdite.


Emma était bien contente de son 2e safari même si elle n'avait pas vu son gros chat rayé.


Théo qui dit ses adieux à son fidèle compagnon pour cette heure et demie.


On revient à l’hôtel pour profiter de la vue et de la sérénité que le bord de la rivière nous offre. On entend dire aussi que les éléphants s'en viennent vers bientot pour l'heure du bain. On décide de se précipiter vers la berge pour les observer s'amuser avec les touristes. On nous informe qu'il en coûte seulement 50 roupies (0,75 $) pour venir frotter ces peaux aussi rugueuses que la peau d'éléphant sur mon coude. Au diable les dépenses !!!

En retour, ces gros mammifères nous lavent aussi à coup de jets d'eau bien froide. Théo et Emma se risquent  avec papa et Steven. On s'entend que ce ne sont pas les ceintures de sécurité 10 fois trop grandes qui les empêcheront de se noyer sous le poids des éléphants. Au diable les risques !!!!

On sentait Steven un peu craintif. Peut-être était-ce la sensation de se retrouver su'l cuir d'éléphant qui le préoccupait. Vraiment, une expérience à ne pas manquer si vous êtes dans le coin. 

 ,

 


La soirée s'est doucement terminée dans le centre communautaire de Sahara pour un spectacle accompli par des jeunes locaux qui ont empruntés les rituels et les coutumes de leurs ancêtres. Théo et Emma étaient obnubilés ! On sentait un petit beat africain dans ce stick dance traditionnel perpétré pour éloigner les éléphants sauvages qui s'introduisaient clandestinement dans le champs de riz des fermiers pour les piller juste avant la récolte




Ce sont surement ces rythmes africains qui ont poussé Théo à se diriger vers le stage spontanément lorsque l'animateur a invité les spectateurs à les joindre sur scène. Une fois rendu là-bas, il s'est rappelé qu'il fallait se garder une petite gêne.

mercredi 5 janvier 2011

Tête première aux abords du Gange



Un nouvel article qui a été publié dans l'édition du 31 décembre 2010 sur notre périple. Complété quelques heures avant notre départ au sud de la frontière népalaise, le ton de mes réponses peut sembler un peu pessimiste, surtout vers la fin de l'article. Il faut pas trop se déprimer: IL Y A DE L'ESPOIR. Sinon, aussi bien jeter la serviette !

Petite précision importante: dans le sommaire de l'article, on y mentionne que "les membres de cette famille de Wotton se promettent d'aller plonger tête première aux abords du Gange".

On parle ici de plonger dans la culture indienne et non dans la rivière. N'ayez craintes, après avoir vu et senti le Gange, je vous assure qu'il faut une spiritualité très forte et un système immunitaire presqu'invincible pour y plonger tête première.. Plus de détails et de photos bientot.

mardi 28 décembre 2010

La livraison du Père Noël


He oui, le Père Noël est passé par le Népal. Avant de claquer la porte, il a réussi à manger la moitié des deux biscuits et boire le verre de lait qu'Emma et Théo lui avaient laissé. Le fait de manquer d'électricité ne nous a pas tourmenté cette fois-ci. Les chandelles amplifiaient la magie. Tant pis pour les petites lumières scintillantes neuves à moitié brûlées achetées à Katmandou il y a deux mois. Voici le déballage des cadeaux en images pour gâter un peu les grand-parents et la famille:




Le Père Noël avait entendu les demandes de Théo et Emma qui avaient ciblé les clichés gars-fille sans influence de papa ou maman.






Cadeau spécial pour Annik. Des lingettes compactées en pastille avec un refill inclus et un t-shirt compressé. Utile en trek direz-vous ? Une seule autre personne aurait pensée à ce gadget : André, le père de François.


lundi 27 décembre 2010

Rafting sur la rivière Seti



Ces temps-ci, l'esprit des fêtes n'arrive pas vraiment à nous rejoindre. La frénésie des centres d'achat, le stress des cadeaux à acheter, les tounes de Noël et la nausée de planification liée au différents partys sont bien loin de nous. Par contre, on ne peut vous cacher que nos parents, nos frères et nos soeurs nous manquent. 

Nous avons donc décidé de se gâter un peu avec quelques sorties pendant cette période de festivités afin que notre coeur ne soit pas trop gros. Steven et Caroline nous ont justement quitté il y a quelques jours. Leur simple présence a été pour nous d'un support moral inestimable.

Nous sommes donc allés les rejoindre à Pokhara pour le dernier segment de leur escapade en terre népalaise. Il venait de se taper un trek de trois jours pour accomplir le trajet de Ghandruk, dans l'Annapurna, lorsque nous pensions les rejoindre à l'Hotel Nirvana. Mais non, ils étaient au dessus de nos têtes, dans le ciel de Pokhara, en train de faire du Para-hawking. Un sport qui consiste à se laisser planer en para-pente à la recherche de poches d'air chaud ascendantes à l'aide d'oiseaux de proie domestiqués. Incroyable. Aucun regrets de leur part. C'est le seul site au monde où une telle expérience est possible.

Le lendemain matin, on se dirige vers la rivière Seti pour un petit trip en rafting familial de deux jours.



Théo était tellement excité de partir en bateau pour faire du camping. La grande soeur aussi était aux anges même si elle trouvait son habit un peu trop grand.




Les casques et les équipements de sécurité nous rendaient un peu sceptiques face à l'idée de dévaler une rivière avec Naomi et les enfants malgré les nombreux commentaires de nos contacts nous disant qu'il s'agissait d'une rivière familiale et chaude. Et bien, cela s'avéra tout à fait.


La rivière Seti offre un paysage fabuleux. Elle serpente une vallée sinueuse qui expose la vie quotidienne de ses riverains et une série de flancs montagneux sauvages. Loin des eaux déchaînés des autres rivières népalaises, la Seti comporte quand même quelques rapides excitants. Il y même un classe 4 vers la fin. Nos guides étaient plus que vigilants et prudents avec les enfants. Pour ce CL-4, il nous ont suggéré de trimballer les enfants à pied, sur la rive, pendant que nous faisions aller nos cordes vocales sur un petit rush d'adrénaline.


Purna, notre "chef d'expédition". Naomi avait pleine confiance en lui !!! Il la prenait sur son dos dans le raft plus stable lors des moments un peu plus corsés. Il faut dire qu'il a fait la majorité des rivières Himalayennes. Une agence de guide de rafting canadienne le convoitait. Il pensait à migrer de notre coté de l'océan pour connaitre nos rivières rugissantes éventuellement!


Nous partions donc 2 jours et une nuit. Il s'agissait d'un package tout inclus très abordable à 80 $ pour deux jours de rafting par personne avec repas, transport et matériel inclus (tente, matelas de sol, bécosses !). Première grande surprise; la bouffe. Digne de mention dans une revue gastronomique... du Népal. Les mets frais préparés sur place par les gars ont surpassés la plupart des restaurants népalais testés jusqu'à maintenant.


Pour la nuit, nos guides nous proposent une superbe plage encerclée par des collines sorties d'un conte fantastique.





Le feu de camp rajouta à l'ambiance. Les enfants ont adoré. Emma nous a demandé si nous allions manger "des choses délicieuses grillées sur le feu." Quelques instants plus tard, on réalise qu'elle voulait en fait des guimauves. Mmmh, désolé, pas ici. Mais on a quand même le luxe d'avoir un petit marchand qui vient nous visiter sur le site pour nous proposer de la bière froide et du rhum directement on the beach ! Que demander de plus !


Notre parcours se termine peu longtemps après la rencontre de la Seti avec la Trishuli. À partir de cette confluence, les montagnes s'estompent doucement pour laisser place aux plaines du Terai. Le port de débarquement de l'expédition donne directement sur l'autoroute. Ainsi, nous pourrons prendre un bus local en direction du Parc National de Chitwan pour retourner sur les traces convoitées du rhinocéros à dos d'éléphant...