vendredi 19 novembre 2010

À l'assaut des rizières: la récolte



C'est le temps des récoltes. Quelques mois suivant la plantation, nous retournons sur les terres de Chandralal, le président de EDS, l'organisation avec laquelle je travaille. Nous sommes de retour sur les mêmes terres inondées devenues complètement sèches et dorées.


Il faut remonter plus loin que le temps des foins de nos parents où toute la famille se mobilisait pour gérer les balles de foin qui se faisaient cracher par la machinerie rudimentaire de l'époque. Plus loin parce qu'ici, il n'y a aucune machinerie. TOUT se fait manuellement. Ça ne prend qu'une serpe, une fourche, de l'huile de bras, du temps et des boeufs.



Les petites mottes de riz se font couper à la base, se font aligner sur une rangée et se font ensuite attacher puis mettre en boisseaux pour un meilleur transport.



La récolte est pas mal plus facile et plus propre que la plantation !


Déjà vu...


Nous devons avouer notre ignorance ici. Lorsque nous avons planté le riz, nous pensions que la raison pour laquelle les parcelles étaient inondées était que le riz poussait sous terre ! Oui, sous terre. On était un peu gêné de réaliser qu'il s'agissait d'une céréale comme un autre avec des grains dorées. C'est juste que cette céréale tolère très bien l'eau. Quoique que cette pratique commence à être sérieusement remise en question.



Les boisseaux de riz se font ensuite transporter jusqu'au lieu où ils seront battus, où le grains se fera extraire. 


Emma et Théo s'amusaient à jouer à la cachette entre ces maisons de paille de riz !


Aussi appelé Paddy, le grain de riz sera décortiqué par la suite. Il doit se faire retirer du plant. La balle (genre de coquille) sera également enlevée et/ou pulvérisée avant d'arriver au grain. Le centre du grain est blanc, c'est l'amidon; le riz que nous connaissons. La balle et les autres parties qui recouvrent le grain sont connues sous l’appellation du son. Le son est riche en vitamines et en protéines. Les paysans le conserve souvent pour alimenter le bétail par la suite.





Une fois les boeufs passés, la paille est retirée à la fourche et les grains sont ramassés à la main sur la surface lisse sculptée d'argile.


Nous apercevons justement Chandralal qui fait un effort pour la caméra. Remarquez qu'il n'est pas trop habillé à la paysanne ! En fait, il est professeur au primaire quelques lieux plus loin. Il possède cette terre car il l'a hérité de son père. Il n'habite pas ici. 

Les voisins de sa terre sont ceux qui l'entretiennent. Ils ne seront jamais propriétaires; discrimination des castes obligent. Pour tous les travaux qu'ils exécutent, Chandralal leur donnera 50 % de ce qui sera récolté. Quelques coûts sont partagés mais il en supporte la majorité. Belle reconnaissance du travail des ouvriers !


Voici les balles et les grains avant que les différentes couches (le son) ne soient retirées pour libérer l'amidon blanc.


Des parcelles déjà récoltées et déjà semées avec la prochaine culture saisonnière : la moutarde.

mardi 16 novembre 2010

Le troisième oeil



Dashain (दशैं) est un grand festival au Népal. Il dure plus de 15 jours. Cette année, il a commencé le 8 octobre. Nous étions encore dans l'Annapurna mais nous sommes revenus juste à temps pour recevoir le tika, le troisième oeil comme je l'appelle. Le festival a généralement lieu avant la récolte du riz. C'est comme l'équivalent du temps des fêtes pour nous. C'est un temps de réjouissance où les familles se réunissent. Des milliers de népalais arrivent des quatre coins de la planète ou bien traversent le pays en entier pour rejoindre leurs proches.


Le premier jour du festival est appelé le Ghatasthapana, le "Dashain Ghar". Une petite pièce est aménagée pour vénérer Astha-Matrikas, les 8 déesses Trantrik, ainsi que les 9 déesses Durga auxquelles le festival est consacré. Pendant les 14 jours qui suivent, les femmes mariées réciteront des mantras. Du mais et autres herbes sont semées dans des pots fabriqués à partir de fumier de vache. Ces semences germeront et se transformeront en pousses 10 jours plus tard. Les pousses de ces herbes symbolisent la bonne récolte. Ils sont ainsi placés de façon décorative sur la tête des gens pour les derniers jours du festival comme bénédiction des dieux.

Les sacrifices 



Le huitième jour, appelé Asthami, est celui des sacrifices d'animaux. Partout à travers le pays, les temples des différentes déesses reçoivent des sacrifices. Chèvres males, buffalos, canards et poules se font abattre et saigner sur la place publique. Le sang qui symbolise la fertilité est offert aux déesses. La viande est ensuite ramenée à la maison, cuisinée et considérée comme de la nourriture bénie par la divinité. Elle est ensuite servie dans de petites assiettes confectionnées avec de petites feuilles pliées. Celles-ci sont alors distribuées aux membres de la famille. Les sacrifices se poursuivent pour Navami, le neuvième jour du festival. Malheuseurement, ou plutot heureusement, nous n'avons pas d'images à vous montrer à ce sujet. Coeurs sensibles obligent.

Ce rejeton constitue probablement la relève. Il sera prêt l'an prochain.

Évidemment, ce ne sont pas toutes les familles ou les castes qui peuvent se permettre d'abattre un animal. Ça coûte cher. C'est le cas de la famille de notre Didi Tulsi. Nous avons plutôt savouré un bon Dal Baat Tarkari accompagné de haricots; un luxe pour elle. Ils en avaient cuisiné seulement pour nous. J'ai lu à quelque part que parfois, ce moment est très attendu par les familles plus pauvres car c'est la seule occasion qu'ils auront dans l'année de manger de la viande. Manger LA chèvre qu'ils ont engraissé et cajolé durant toute l'année dans la cour de la maison. Ce n'était pas le cas de Tulsi. Il faut croire qu'ils sont plus pauvres que ça. .Pour eux, c'était tout un honneur de nous recevoir pour le dernier jour de Dasain. Nous sommes revenus de l'Annapurna juste à temps.

Le troisième oeil 


Le dixième jour, Dashami, les femmes préparent une étrange mélange de riz, de yogourt et de poudre rouge. Cette préparation s'appelle un tika. Les aînés s'occupent d'en mettre sur le front des plus jeunes pour les bénir afin de leur donner fertilité et abondance au cours de la prochaine année. Vous aurez deviné que le rouge symbolise le sang qui lie la famille ensemble. Les aînés donnent ensuite la Dakshina, des petites sommes d'argent aux plus jeunes en même temps, lorsqu'ils en ont. Le tika continue de se faire appliquer pour les cinq derniers jours du festival pendant lesquels tout le monde se rassemble pour jouer aux cartes (surtout les hommes) autour de fastes repas.







Une autre explication que j'ai bien aimé sur les tikas; c'est qu'ils constituent en fait un troisième oeil. Cet oeil nous permet d'ouvrir notre esprit à la sagesse, aux aspects de la vie que nos deux autres yeux ne peuvent saisir. Une idée toute simple mais qui en dit long.

Les "pinnes"


Lors des festivités de Dashain, des centaines de pinnes se font érigés à travers le pays dans les cours, dans les parcs et sur les trottoirs. Ces grandes balançoires faites de bamboo représentent une véritable attraction pour les enfants et les jeunes qui font souvent la queue pour se balancer pendant des heures. Typique de la culture népalaise et se mariant à merveille avec les paysages montagneux, ces pinnes seront en place tout au plus un mois après la fin du festival.




dimanche 14 novembre 2010

Around the Annapurna (partie 6/6)

JOUR 21 Doban-Jhinu Danda

You bring hope to everyone !

Ces paroles dites par une personne que nous croisons sur la route nous fait sourire. Un p'tit velours quoi !

Départ de Doban à 8h30. Emma nous fait une petite crise comme elle en fait quelques fois durant le voyage pour des petits trucs insignifiants. Ça sent la fin. On casse ça en rappelant les trois règlements si elle veut descendre du sac de transport à papa: 

1) Tu n'arrêtes jamais. Ni pour cueillir des fleurs, ni pour demander des bonbons.
2) Tu me donnes la main.
3) Tu ne peux pas tout le temps être la première à marcher en avant.


Les marches après Bamboo, sur le retour, ne nous épargnent pas en début de journée.


Nous avions croisé ce monsieur allemand à MBC. Nous le recroisons sur le chemin du retour. Imaginez, il est agé de 72 ans. Il allait passablement à la même vitesse que nous. Il avait un porteur et semblait avoir une santé de fer !


Pas trop longtemps après notre lunch à Sinuwa, nous reprenons notre souffle dans les autres escaliers menant à Chomrong.


Annik en profite pour piquer une jasette avec le monsieur. On peut affirmer qu'ensemble, nous constituons les deux extrêmes de la pyramide d'age sur le trek. La plus jeune et le plus âgé !


La fin se sent de plus en plus. On dirait que notre corps le sait. Mes genoux sont plus "fuckés" que jamais, surtout lors des descentes. À partir de Chomrong, nous descendrons presque sans arrêt jusqu'à la fin. On est maintenant sorti du ventre de l'Annapurna.


Quand nous disons à Emma que nous avons presque terminé la longue randonnée et que nous retournons à Pokhara, elle nous demande du tac au tac: "est-ce qu'il va y avoir des douches chaudes là-bas ?" Il faut dire que ça fait tout de même 4 jours que nous nous lavons tous à la mitaine...

Nous arrivons à Jhinu Danda à 17h00. Grosse journée de 8 heures de marche. On réalise que nous n'aurons pas suffisamment de temps pour aller se baigner dans les hots springs. Par contre, nous sommes contents d'apprendre que nous aurons une toilette privée et une douche ... d'eau froide.

Nous sommes désormais résolus à se payer du luxe en arrivant à Pokhara.

JOUR 22 Jhinu Danda-Birethanti-Pokhara


Encore une longue journée qui débute à 8h30. On vise Naya Pul. On se fait dire que nous sommes à 5-6 heures de là. On en ajoute un peu car avec les enfants, c'est toujours un peu plus long. En général, ça descend mais ça monte aussi. On prend du retard par rapport aux heures estimées. La route nous semble interminable sous un soleil de plomb.


Des petites filles qui sont venus nous offrir des fleurs lors de notre passage.


Des habitations typiques du coin.

Nous arrivons finalement à Birethanti après avoir mangé à Syauli Bazaar quelques heures auparavant. Il est 16h45. François appelle Shiva de l'Hotel Nirvana, pour lui demander de faire venir un mini-van pour nous chercher.

Voici les faits saillants de notre dernière journée de rando:

1) On accompagne une caravan de chevaux qui revient faire le plein de vivre à Naya Pul
2) Des biquettes qui se font abattre devant nos yeux, c'est Dasain !
3) Une tête de Buffalo tranchée, toutes les pièces de l'animal étant soigneusement disposées le long du sentier
4) Une vache (femelle) morte dans le fossé en début de décomposition. Elle restera surement là car personne ne la mangera. Nous sommes au Népal, la vache est sacrée. Les hindus et les bouddhistes ne mangent pas les femelle. En ce qui nous concerne, on passe notre tour.


Beau petit support pour chèvres de montagne éviscérées 


Avec table de séchage pour intestin grêle et autres boyaux.


sans oublier les peaux.

On arrive à Pokhara à 19h00. On s'en va au "Karma Guest House", voisin du Nirvana car celui-ci est plein. Ils nous disent qu'ils ont de l'eau chaude. Première nouvelle qu'on a : le chauffe-eau ne fonctionne pas. Encore la mitaine !!! On est fru un peu pas mal et on leur fait sentir. Ils n'auront pas un bon Karma pour nous avoir induit dans l'erreur ainsi !


On invite Ekbadur, KB et Ghale, nos trois porteurs au resto. Une pizzeria jazz-bar. C'est notre tournée ! Ces locaux de Pokhara n'avaient jamais mangé ici, sauf Ghale une fois. Bières, cigarettes, steaks, pizzas, tiramisu et café. Un snack-santé, quoi. Rien de trop beau pour la classe ouvrière !!!

C'est beau de les voir. Ils trippent ! Ils se partagent tout. Ils sont heureux de découvrir des nouveaux trucs. On a beaucoup de plaisir. Ils nous posent beaucoup de questions sur le Canada, les fermes, les loyers, la bouffe, le $$$. 


Les petits quand eux, n'en peuvent plus. Ils s'écroulent littéralement avant même que le repas principal arrive, complètement claqués de cette dernière longue journée.


Porteurs jusqu'à la toute fin, nos trois gais lurons nous aident à ramener nos trois mousses jusqu'à la chambre d'hotel, le ventre bien plein. On leur donne un dernier petit bonus de 500 roupies chaque.

JOUR 23-27 Pokhara-Katmandou-Nepalgunj-Surkhet


Le lendemain matin, on déjeune cochon. Un petit tour sur Internet pour découvrir notre nouvel hotel pour les deux prochains jours, un 3 étoiles ! Le Barahi avec piscine et de l'eau chaude, oui, pour vrai. Pour les deux prochains jours, rien au programme. On se prélasse sur le bord de la piscine, on marche tranquillement sur le Lakeside de Pokhara et on mange dans des resto fancy. Un tour de bateau sur le Fewa lake pour aller voir un temple qui est posé sur une miniscule île.

Finalement, on s'en retourne à Katmandou par la Green Line, un bus de touriste (6hrs). Puis on prend le vol pour Nepalgunj le lendemain matin pour ensuite prendre un taxi vers Surkhet.

L'aventure se termine ainsi. Ce voyage dans l'Himalaya restera gravé dans nos esprits à jamais. Sommes-nous prêts pour le prochain trek ? À vrai dire, peu longtemps après, on annulait un trek de 10 jours que nous voulions faire dans Dolpa, une semaine après la fin de celui-ci. Trek trop sauvage!  On avait eu notre dose pour un petit bout.

On s'aligne plutôt le Langtang en mars prochain... 

vendredi 12 novembre 2010

Around the Annapurna (partie 5/6)



Jour 18 Bamboo-Deurali

Départ de Bamboo (2310m), c'est frisquet. Le linge lavé de la veille n'est pas sec et il ne séchera surement pas non plus d'ici plusieurs jours. Dernière douche avant un bon bout prise la veille. Départ à 8h15.


Chambre de nos porteurs. Quelques heures auparavant une biquette se posait dans la même chambre.


Le Machhapuchhare au loin, mais pas trop loin parce que nous avons l'objectif d'arriver à ses pieds demain.


Doban (2500m). Un petit village à une heure de Bamboo.


Un pont pas trop sécurisant, je n'aime pas cela!


De la jungle encore


Un autre pont pas sécurisant.


Un petit temple en plein milieu de la jungle. Les passants népalais y déposent des offrandes, des fleurs. Moi, je prends une pose allaitement.


On marche plusieurs heures dans la forêt avant de s'arrêter pour diner à l'Himalayan Hotel, 12 chambres disponibles et à 11h30, c'est déjà complet. C'est plein à craquer et la nourriture est très chère: 3 chow-chow (soupe ramen) et une frite: 890 roupies (CAD 12,75 $). À Surkhet, nous aurions payé 145 roupies pour la même chose.

Au même endroit, un groupe de Français se pose. Un monsieur de ce groupe lâche un "ça c'est fou!" d'un air arrogant. Il ne se doute pas que je parle français. Moi, je demande naïvement qu'est-ce qui est fou? Le M. me répond tout surpris:" de faire ce trek avec un bébé et des enfants. Il fait froid et c'est difficile de respirer. Ils peuvent être malade de l'altitude." Je lui réponds que nous avons des vêtements chauds et que nous avons lu sur le sujet, que nous montons graduellement et tranquillement, question de s'acclimater, que nous avons été en contact avec notre médecin et des spécialistes sur le sujet, que nous marchons depuis 15 jours, que nous nous sommes rendus à Muktinath (3800m) et que finalement nous habitons au Népal depuis 6 mois. Finalement, je lui dis que la maladie de l'altitude peut être développé par des enfants et des adultes et que selon nos lectures, la proportion est la même. Le M. ne semble pas convaincu malgré mon énumération d'arguments et me rétorque "et puis..." 

Bon, il y a des gens qui aiment se mêler de choses qui ne les regardent pas. Des gens qui jugent et qui peuvent penser que nous sommes irresponsables. Ils ont le droit mais bon. Il serait intéressant de ne pas entendre certains jugements. C'est difficile comme parents d'avoir à subir le tout, parfois, lorsque déjà la journée est difficile. Mais ça fait partie de l'aventure familiale... 

Par contre, nous rencontrons d'autres personnes ayant des commentaires plus positifs comme "RESPECT"! D'autres nous disent que nous sommes courageux. Moi, je leur réponds que nous avons du temps. Du temps pour marcher et pour s’acclimater au 300-500 m par jour au-dessus de 2500 m tel que prescrit dans la littérature médicale. 



Brune et sa maman pour une pause dîner à l'Himalayan hotel.


Je marche et depuis le début le sac n'est pas confortable. Je mets les foulards des enfants comme coussinnets. La montée est essoufflante.


Nous continuons de marcher et nous nous retrouvons dans un autre paysage. Celui-là est alpin.


Naomi est photogénique !


Nous apercevons Deorali au loin. Nous arrivons dans les nuages. Les vrais !



Encore un autre pont vraiment pas sécurisant, disons qu'il n'a pas été construit par un ingénieur et sa durée de vie nous est inconnue. Ghale y va en premier avec Théo. J'avance et je m'y risque.


Voila, c'est fait !


Dire qu'il y a plus de 50 000 randonneurs par année qui passent par ici.


Deorali (3140m). On peut voir que c'est frais, juste à regarder la façon dont nous sommes vêtus à l'intérieur. 


Notre hôtel Dream lodge (en bas)

La nuit a été difficile. Nos voisins de chambre coréens cognent sur le mur de ply-wood séparant nos chambres à 19h30 parce que nous parlons. Par contre, ceux-ci se réveillent à 1h30 du matin et se mettent à parler fort pour enfin quitter l'hôtel à 3h40 AM. Je bouille de colère. J'ai le goût de cogner à mon tour sur le mur pour que ceux-ci se taisent mais je reste ZEN. Ce groupe a apporté sa propre nourriture et sa vaisselle jetable. Nous supposons qu'ils se rendront d'un coup à l'ABC dans la matinée.

Jour 19 Deorali-MBC

Barbara, Brune et David nous quittent ce matin. Ils rejoindront l'ABC aujourd'hui. Pour nous, 1000 mètres d'ascension en partant de 3140 m dans la même journée, c'est trop. Nous préférons nous acclimater davantage. Nous avons eu beaucoup de plaisir avec cette charmante famille. Le fait de voyager ensemble pendant quelques jours nous a facilité le périple. Merci à vous trois !


Portrait de famille et aurevoir. Il fait froid.


Des paysage alpins et la vallée du Modi qui se poursuit.



Une pause pour faire une pose!



Le Machhapuchhare Base camp (MBC)

Une montée qui prend plus de temps que le nous pensions, selon le Lonely Planet, nous aurions du marcher 2hres. Or, nous marchons pendons 3 heures. Nous arrivons au Machhapuchhare Base camp (3700m). ENFIN! Il est 11h45. Le reste de la journée sera pour relaxer et s'acclimater. Vers 14h00, il se met à pleuvoir et ensuite à neiger. Nous sommes très heureux d'être ici et non entrain de marcher! Nous préparons notre plan pour demain avec un horaire élastique. Nous faisons cela afin de voir si cela est possible de se redescendre à Doban après ABC. Nous savons que ce sera une longue journée.

Plan pour demain:

4h45am: SNOOZE
5h00: Levée et "packetage" du stock
6h00: Départ
6h00-8h30: Montée de l'Annapurna Base camp (ABC)
8h30-9h30: Déjeuner
9h30-11h00: ABC à MBC
11h00-13h00: MBC-Deorali
13h00-13h30: Diner au sandwich faits à l'avance
13h30-14h45: Deorali à Himalayan Hotel
14h45-16h00: Himalayan Hotel à Doban
16h00: fin de journée!


Asia (une autre petite fille de Seattle rencontré avec ses parents sur le chemin) et Emma qui s'amusent au chaud, pas de signe de la maladie de l'altitude

Jour 20 MBC-ABC-Doban

Comme prévu nous nous levons à 5h00. François dit qu'il fait "frette en simonaque"! Naomi s'est réveillée plusieurs pendant la nuit et François a eu froid.. On a atteint les limite de son vieux sleeping bag. L'idée de rester pour s'acclimater est bonne mais celle de faire la montée le matin l'est moins... On envoi Ekdabur, un de nos porteurs tout de suite vers le bas, vers Doban pour nous réserver une chambre en espérer s'y rendre ce soir. Nous laissons nos gros sacs au MBC. Ghale et KB, les deux autres porteurs se rendront avec nous à ABC sans bagages. Ils pourront nous aider à porter les enfants. À notre retour de l'ABC, nous reprendrons nos bagages pour continuer la descente.

On commence à marcher à 6h30. Le versant n'est pas ensoleillé. Les enfants commencent à pleurer disant qu'ils ont froid. Le calvaire commence. Deux paires de pantalons, 2 manteaux et 3 gilets ne suffisent pas. 

Nous arrivons à un rocher indiquant que l'ABC est à 1h00. Les pleurs s'intensifient. La question qui se pose: Que faisons nous? Redescendre à MBC? Après toutes ces journées de marche, voulons nous vraiment ne pas atteindre notre objectif ? Nous sommes si près. Je commence à pleurer à côté de cette roche! Sommes-nous des parents irresponsables ? Qui sera l'élu pour se sacrifier ? Sommes nous capables de convaincre les enfants que nous devons absolument rejoindre le soleil ? 

OUI! Nous leur disons que nous rattraperons celui-ci car MBC n'est pas ensoleillé et que de revenir sur nos pas voudrait dire que le gel et le vent seraient aussi intenses. Pari accepté par le enfants et par les parents. Nous chantons ensemble: "si tu aimes le soleil tape des mains, si tu aimes le soleil tape des pieds..."15 minutes plus tard, nous atteignons le soleil qui se rapprochait de nous en même temps. Nous réchauffons la marmaille instantanément. MERCI SOLEIL!




Une partie du massif de l'Annapurna avec le camp de base (ABC) au pied des moraines et des glaciers.



Enfin ! Mission accomplie ! Nous sommes heureux, portait de l'équipe. (Ekbadur est manquant, il est parti de MBC pour réserver la chambre à Doban). On arrive vers 8h00. On vire fou avec notre appareil photo. On jouit du moment présent.


Un couple heureux d'avoir accompli cette aventure de Annapurna Base Camp, 4130m.


C'est fou d'être ici! Grandiose.


Emma est contente d'être à ABC, à Alphabet comme elle se plait à appeler ce point d'arrivée.


Majestueux et imposant. 5 mètres derrière François, il y a un falaise de plusieurs centaines de mètres. Ancien lit d'un glacier qui s'est aminci au fil des millénaires.


Des massifs et des glaciers


Portrait de famille. Papa est photographe.





Attention, il ne faut pas trop avancer parce que les éboulements sont fréquents, l'an dernier deux jeunes sont décédés. Ils avaient fait un pas de trop.



Voici le lit en question.




Mémorial des jeunes défunts lors de l'éboulement.






On peut remarquer les joues rouges et lèvres gercées par le vent des glaciers. Le sentiment de joie était à son comble, même chez Théo.





 On peut dire que c'est réellement un "camp" de base.


Même Naomi était aux anges.


Quoi de mieux que de se faire un petit déjeuner crêpes, café au soleil avant un le retour.





Après déjeuner, on repart pour MBC. On reprend nos bagage et on entame la descente pour Doban. On cine à Deorali. Il commence à pleuvoir de façon intermittente de l'Himalayan Hotal jusqu'à Doban. Première fois de tout le trip ! Rendu la, le pire est derrière nous. 



La fameuse pierre qui a déclenché mes pleurs. Il y est inscrit "ABC 1 hour ahead."



Un flanc de montagne qui héberge des singes.


On arrive à Doban à 16h30. 30 minutes de retard selon notre horaire prévu. Fin de la journée. Je suis fière de nous.



Un appel à maman à partir de Doban, question de l'informer de notre exploit familial. À Wotton, les ondes cellulaires sont moins bonnes qu'ici, à 2500 m d'altitude loin de toute civilisation ! Tout de même incroyable !